C'est un moment toujours un peu particulier. Le livre est fini, depuis plusieurs mois.
J'ai terminé de l'écrire autour du 4 mai 2015 (on était le 3 au Mexique, le 4 à Paris), dans un appartement qu'on m'avait prêté à Mexico*. En juillet 2015, chez un ami à Paris, j'ai fait un dernier travail de retouche sur le texte (ce sera sans doute l'occasion d'un des «secrets de fabrication», sur le personnage de Jean-René Hunebelle). Début septembre 2015, la correctrice, Aurélie Delafon, a travaillé (avec beaucoup de subtilité, et c'est important la façon dont un/une correcteur/rice travaille sur un texte) sur mon manuscrit. En janvier 2016, les équipes du Tripode ont mis en page le livre. En février 2016 (après un rapide rendez-vous à Paris) nous nous sommes mis d'accord, par mail, avec Frédéric Martin, mon éditeur, et Juliette Maroni, la graphiste (cf. son site) sur le graphisme de la couverture.
Et puis le livre a été imprimé.
Et il est maintenant dans les mains de gens qui l'ont reçu. C'est un objet. Il existe:


(photo tirée du blog de l'agence Anne et Arnaud)

Or moi, je ne l'ai pas encore vu, ce livre. Parce que j'habite loin de Paris, et qu'il faut un peu de temps pour qu'un exemplaire arrive jusqu'à moi.

Et donc c'est évidemment assez étrange, de voir ces photos (celle-ci aussi, avec une couleur très différente de la précédente...), de lire des premières mentions, comme sur ce blog de Jean-Max Méjean, alors que ce livre reste, pour moi, un objet très abstrait.

Rien de plus à dire - et ce n'est pas très passionnant, ce que je raconte là, mais peut-être juste peut-on dire que: je l'ai vu, le fichier PDF du livre, et pourtant je n'ai pas vu le livre. Donc, 2016 ou pas, un livre, ça reste un objet. Et j'ai assez hâte de le tenir dans mes mains, qu'il soit à nouveau réel et non virtuel.



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* Je viens de lire Circuit intérieur, de Francisco Goldman (cf. l'article de Philippe Lançon qui m'avait fait connaître et donné envie de lire le livre): sa propension fatigante à citer le quartier de la Condesa (le quartier «hipster» de Mexico) m'empêche de faire de même ici (et je ne parle pas du reste du livre par décence).
Le moment, et l'endroit, où l'on termine un livre m'ont toujours semblé des choses importantes. J'ai retrouvé récemment une photo de ce 3 (ou 4?) mai, avec le manuscrit imprimé que j'avais fait tirer dans une boutique pour le relire avant de faire d'ultimes corrections et d'envoyer le fichier, par mail, à mon éditeur. La voici: