J'ai enfin reçu le livre, très bel objet, bien épais (340 pages de papier, c'est plus impressionnant que 340 pages de PDF...).

En le feuilletant, je me suis dit que ce serait amusant de faire un billet de blog sur les différents lieux de l'Île de Sein qui servent de décor à l'action, et qui existent vraiment.

Page 32 du livre, il y a une première liste des lieux et de leur affectation:

Les services de Matignon sont au «Grand Monarque» (le bâtiment qui accueillait les gardiens de phare, aujourd'hui c'est l'école de l'île, cf. la présentation sur le site de la mairie).

Le «poste de commandement fixe» est dans la grande église. Photos sur ce site.

Mais finalement le roman ne passe pas vraiment ni à Matignon ni au poste de commandement. En revanche un des lieux emblématiques est l'hôtel Ar-Men, le «grand hôtel» de l'île (l'autre hôtel de l'île étant les Trois Dauphins, un hôtel tout à fait charmant mais vraiment trop petit pour pouvoir être utilisé dans le roman - j'étais persuadé que j'avais écrit quelque part qu'il servait de lieu d'accueil pour les diplomates étrangers devant rendre visite au président, mais apparemment non, en tout cas impossible de retrouver la moindre mention des 3 Dauphins dans le livre, mais malgré tout voici le lien de l'hôtel).

Sur le site de l'hôtel Ar-Men, je trouve ce plan des chambres. En l'observant avec attention, je me rends compte qu'il y a une petite erreur dans mon livre. Page 133, j'écris:

Au premier étage de l’hôtel, toutes les chambres ont été réaménagées en bureaux, dans chaque bureau un chef de service et un adjoint, sauf pour Alexandrine qui a la dernière, tout au bout, la no 8, plus petite mais qu’elle ne partage pas. Le deuxième étage est réservé au président, salle de réception, bureaux ; puis grenier où dorment les membres du GSPR. Lionel Sauvage a un bureau au premier étage, le no 5, qu’il partage avec son numéro 2.

Et, page 225:

La femme de ménage a branché son aspirateur qui ronronne, tout est normal. Tout est normal? Normand salue la femme et va au fond du couloir du premier étage de l’hôtel, devant la porte avec le numéro 8. Il frappe, entre.
Alexandrine, devant son ordinateur: se retourne à peine.
— Je finis un truc, j’en ai pour une seconde.
Normand sourit.
— C’est drôle que tu sois là, tu sais. Avant de trouver ma maison, j’ai habité ici pendant un temps. Je veux dire: dans cette chambre. C’est la plus petite de l’hôtel, il y avait juste un petit lit et une table, ça m’allait très bien.
Le lit a été enlevé, une seconde table a été ajoutée. Ordinateur, imprimante, dossiers par dizaines.
— C’est la plus petite, répond Alexandrine, mais à l’inverse je suis seule, tous les autres partagent leur bureau. Privilège de secrétaire générale.
Normand va jusqu’à la petite fenêtre qui donne sur la mer.
— J’avais installé ma table ici, et j’écrivais en regardant par là, au loin. Et maintenant c’est ton bureau. Il y a quelque chose de...


Or s'il existe bien une "plus petite" chambre à l'hôtel Ar-Men, elle porte en réalité le numéro 5, et ce n'est pas la dernière mais l'avant-dernière au fond du couloir. Le site de l'ĥôtel en propose une photo:

C'est bien dans cette petite chambre que se trouve le bureau d'Alexandrine.

Page 116, première apparition de la salle à manger de l'hôtel (dans laquelle se passent toutes les réunions):

Le président est de bonne humeur ; peut-être un peu trop. Le lieutenant-colonel Sauvage est déjà installé, raide et concentré. Louis, le directeur de cabinet, a sa cravate aussi bien nouée qu’à Paris. Jean-Sébastien, les yeux encore embrouillés, répond à trois messages sur deux téléphones portables. Alexandrine rentre la dernière dans cette grande salle à manger banale de l’hôtel Ar-Men, «le dernier avant l’Amérique», comme le dit le petit écriteau à l’entrée — banale hormis cette vue majestueuse sur la mer comme horizon unique: la marée est haute.
— Bienvenue à tous dans notre war-room... Je dirais plutôt flower-room, hein, Lionel, Lionel franchement, vous auriez pu enlever les napperons et ces rideaux à fleurs. Je déteste les rideaux à fleurs déjà en général, mais alors ici, pour les photos! Voyons!

Sur le site de l'hôtel on peut trouver une photo de ladite salle à manger:

Les autres lieux importants de l'île sont les deux cafés «historiques».

D'abord «Chez Brigitte», qui porte, aujourd'hui encore, le nom de l'ancienne patronne (sauf erreur, c'est justement en 2012 - l'année de l'action du livre - que Brigitte a cédé son café à ses actuels propriétaires).

Sur le site de la mairie de Sein, on trouve cette photo du bar-restaurant, qui se trouve sur le Quai des Paimpolais:

Sur l'autre quai, celui des Français libres, se trouve l'autre bar du roman, «chez Bruno». Aux dernières nouvelles (mais je ne suis pas allé sur Sein depuis déjà plusieurs années), c'est toujours Bruno qui tient ce bar:

Un passage du livre explique comment Normand, l'écrivain qui habite sur l'île, choisit entre ces deux cafés:

Il fait presque frais ce matin, mais Normand n’a pas envie d’aller s’enfermer chez Brigitte, d’habitude il s’organise simplement, en fonction du soleil, le matin chez Brigitte, le soir chez Bruno, mais chez Brigitte on est les uns sur les autres, et là il y a trop de monde, trop d’énarques empressés qui parlent fort et qui croient maîtriser le monde. Chez Bruno, il a préféré rester dehors, malgré la fraîcheur, il a pris un café crème qu’il serre de ses deux mains, il est sur le parapet, et il regarde les bateaux à voile qui gîtent doucement, la marée est haute, la mer est calme.

Pour finir, quelques lieux où se déroulent des moments importants du livre:

— l'héliport, ou plus exactement l'hélisurface, de l'île. Je n'ai trouvé que cette image, tirée du site du ministère de la Défense:

— la chapelle Saint-Corentin:

Ils sont arrivés devant la petite chapelle Saint-Corentin, une simple maisonnette posée au milieu de la vaste étendue d’herbe battue par les vents, un peu avant le phare du Goulenez qui marque la fin de l’île. Le président a demandé à ce que Sauvage ait toujours la clé de la chapelle sur lui : il aime bien entrer à l’intérieur et s’y asseoir, seul. Seul ? Avec le Christ qui le regarde d’un air sévère.

Belle photo tirée du magazine Géo:

— le phare Ar-Guéveur:

Au sud-ouest de l’île, après l’héliport, il y a une longue et fine avancée, avec une petite plage de galets, puis la décharge de l’île, autrefois un simple amoncellement d’ordures mais aujourd’hui obéissant au strict respect du tri sélectif. Puis un mince passage, une digue, qui mène jusqu’à un monticule de rochers au-dessus duquel est installé un petit phare, nécessaire pour indiquer cette avancée au sud-ouest de l’île, dans le raz de Sein, où passent de nombreux bateaux: le phare Ar-Guéveur.
Le président l’a découvert la veille; n’avait jamais poussé jusque-là auparavant ; s’y est tout de suite plu. S’est dit que c’était un bon endroit pour méditer, sur ce banc de pierre qui fait presque la moitié du tour du pied du phare. En dessous, il n’y a que des rochers, et les vagues, violentes, qui les frappent.
Il ne se lasse pas, mais qui se lasserait, de regarder ces petites explosions d’écume qui ne se répètent jamais, elles. Lui qui ne supporte pas les moments contemplatifs, lui qui est toujours en mouvement, toujours en train de s’agiter, de parler, le voilà qui peut regarder des dizaines de minutes sans rien dire, sans
rien faire: ne bouge plus. Il y a un petit côté royal: ici il peut être seul, totalement. Côté mer, l’aviso patrouille, au loin, sans vraiment le déranger. Et côté terre, cette arrivée par ce long passage ne pose aucun problème à surveiller, les hommes du GSPR sont postés devant la déchetterie, qui a le bon goût de ne pas sentir mauvais: bercée par les vents.

J'aime bien cette photo tirée de ce site organisant des croisières en voilier:

(Voir également la page dédiée aux phares du site de la mairie.)

— et enfin, Kelaourou:

Kelaourou est la petite presqu’île au sud de Sein, une excroissance qui n’est accessible qu’à marée basse. Pour y aller, on marche sur des cailloux encore humides de la mer qui est partie et qui reviendra bientôt, puis on arrive sur une vaste lande herbeuse.
— C’est ici que les femmes de pêcheurs cultivaient leurs légumes, surtout des pommes de terre. Elles utilisaient les algues comme engrais. Évidemment, elles ne pouvaient venir qu’à marée basse. Regarde, il reste encore les murets pour protéger du vent...

Seul lieu «préservé» de l'île pendant la Grande panne... Je n'ai pas trouvé de photo sur internet, mais ce n'est pas plus mal comme ça... Kelaourou restera, ici aussi, un peu à part...

Un lien supplémentaire: cette «planche contact» avec des dizaines de photos de l'île.

Et en bonus: page 226, Alexandrine fait lire à Normand un article de journal qui parle d'une des propriétaires de l'Hôtel Ar-Men, et de son rapport au 11 septembre 2001. Cet article du Télégramme existe bien, il a été publié le 16 octobre 2009 (et n'est malheureusement pas accessible pour les non-abonnés).